Cabo de Gata-Nijar

Un air de bout du monde

20 octobre 2025 | par Anouk et Pascal

Auteur·es

Journaliste et doctorante, je voyage dans les vastes interstices entre hauts lieux touristiques et marges, le plus souvent en van, au rythme lent de la route.

Professeur des universités en géographie, je parcours les lieux à la recherche du « réel », que je m’acharne à restituer au travers de fragments, pour inviter à aller voir.

Sur la côte andalouse, le parc naturel de Cabo de Gata-Nijar offre l’un des derniers littoraux préservés d’Espagne. Récit d’un itinéraire entre mer turquoise, plages noires, géologie spectaculaire et sites industriels témoignant de la volonté passée ou présente d’exploiter ses précieuses richesses.

L’Andalousie est si vaste qu’elle pourrait à elle seule constituer un pays, avec plus de 600 kilomètres de large de sa côte orientale méditerranéenne à sa frontière occidentale portugaise. Comment donc appréhender cet ensemble régional, et par où entrer ? Simple point sur notre carte, le parc de Cabo de Gata-Nijar nous fascinait déjà et nous avons décidé d’entamer notre périple par cette région qui semblait constituer la quintessence des paysages qui nous affectionnons. Quoiqu’il en soit, il nous fallait d’abord rallier notre point de départ, et pour cela traverser une bonne partie de l’Espagne que nous décidions d’aborder par sa frange orientale. Dès la frontière passée, de la Catalogne à la Communauté valencienne, l’Espagne économiquement prospère déroule sur plusieurs centaines de kilomètres ses paysages de « richesse » : un patchwork de plateformes logistiques aux hangars toujours plus gigantesques, des barres d’immeubles et faubourgs sans grâce, des complexes agricoles et agroalimentaires (aux effluves écœurantes de cochon qui parviennent jusqu’à nous même fenêtres fermées), des silhouettes de cimenteries et centrales thermiques, des hectares de champs recouverts de serres de plastique, des aires de service et nœuds d’infrastructures routières, des ponts de LGV, des tours de 20 étages signalant des stations balnéaires rappelant les investissements du pays dans le tourisme de masse (Torremolinos, Benidorm…). Après Almeria, l’entrée en Andalousie marque une indéniable rupture, les prémices d’un nouveau monde.

Le dernier littoral sauvage d’Espagne

À l’approche du rivage du parc naturel de Cabo de Gata, les paysages surprennent par leur familiarité avec l’imaginaire des îles Canaries, et ce n’est pas un hasard : cette région andalouse est en effet marquée par les vestiges d’un volcanisme aujourd’hui éteint, mais omniprésent dans le relief. La mer aux eaux turquoise vient s’échouer sur les plages de sable noir ou doré, bordées de falaises abruptes, de dômes de lave solidifiée et de cônes de scories, témoins d’éruptions passées. À l’intérieur des terres, la caldera de Rodalquilar issue de l’effondrement d’anciens volcans témoigne de la puissance de ces événements géologiques, avec ses parois abruptes, ses roches aux teintes rouges et grises formant un amphithéâtre naturel. Le volcanisme sous-marin a lui aussi façonné la côte, créant des criques cachées et des rochers isolés. Sous ce grand ciel bleu, le caractère aride des paysages est renforcé par cette omniprésence du minéral. En ce mois d’avril où la pluie est beaucoup tombée, les sols et ravins sont tapis d’une constellation de fleurs sauvages et les chemins n’ont pas encore pris l’allure de pistes hostiles.

Littoral en allant vers la plage de Monsul | © Traverse(s)

Après Mojacar à l’esthétique déjà très andalouse, un littoral escarpé et sans habitations notables apparaît enfin dans le jour tombant. Première pause avec un vrai sentiment de nature et de respiration. Nous empruntons le chemin pierreux conduisant à la Torre del Pirulico au départ de Macenas. Ces sentinelles de pierre, extrêmement nombreuses sur les côtes des provinces d’Alicante, d’Alméria et de Malaga, étaient des tours de vigilance côtière destinées à se prémunir des attaques de pirates barbaresques (venus de l’aire côtière du Maghreb actuel). À partir de l’arrivée des frères Barberousse à Alger en 1516 pour mettre fin à l’expansionniste espagnol au Maghreb, toute la côte méditerranéenne espagnole se trouva en effet menacée par les violentes razzias de ces pirates et corsaires. Les tours, hautes de deux à trois étages auxquels on accédait par une échelle en bois et dans lesquelles on entassait des pierres et divers objets contondants à lancer sur l’ennemi, furent érigées tout au long de ce siècle, et se dressent aujourd’hui comme témoins de ce qui fut considéré comme le « fléau des mers » par le monde chrétien de l’époque.

Torre del Pirulico | © Traverse(s)
Torre del Pirulico | © Traverse(s)

Pour ce premier contact avec les bâtisses sommaires qui ponctueront l’ensemble de la côte jusqu’au fameux phare de Cabo de Gata, il est possible d’emprunter le sentier longeant la mer à l’aller et un chemin serpentant dans les hauteurs au retour (compter environ 1h30 au total), ce que nous conseillons car s’élever au-dessus de la mer permet une première appréciation du fascinant relief alentour. Ce retour nous permet également de découvrir avec surprise qu’un grand nombre de complexes immobiliers inachevés et abandonnées jonche les flancs des collines de Macenas.

Exploiter les ressources

Mais c’est bien le lendemain que nous trouvons l’exemple le plus stupéfiant des gargantuesques tentatives d’urbanisation avortées sur cette côte, avec l’hôtel fantôme El Algarrobico situé sur la plus belle portion de route du parc naturel, dévoilant un paysage lunaire que les voyageurs peuvent prendre le temps d’admirer depuis le point de vue de la Granatilla. En découvrant cette masse de béton entourée d’immenses grues rouillées, qui se dresse au centre de l’une des plus belles anses crayeuses de la région, nous n’en croyons pas nos yeux : comment la présence d’une telle verrue est-elle admise dans la région naturelle la mieux protégée d’Espagne ? Ce n’est que plus tard que nous apprendrons que la présence de ce paquebot blanc de 20 étages et 411 chambres (qui ne constituait qu’un prélude à la construction d’un complexe touristique de sept hôtels et 1 500 appartements avec terrain de golf), surnommé par les médias « l’hôtel de la honte », « l’hôtel des abus » ou encore « l’hôtel qui n’aurait jamais dû exister », représente l’un des plus grands scandales d’urbanisation côtière du pays. Si le chantier a été stoppé en 2006 par décision judiciaire pour entrave à la loi littorale qui interdit toute construction à moins de 100 mètres de la mer et à celle limitant l’urbanisation dans les parcs naturels, il a fallu attendre près de 20 ans pour que la situation se décante, la municipalité de Carboneras refusant de déclarer non-urbanisables les sols de l’hôtel. C’est finalement la numéro deux du gouvernement espagnol, María Jesús Montero, qui a annoncé en février dernier « l’imminente » expropriation des terres sur lesquelles se trouve El Algarrobico, en vue de sa démolition. Les futurs voyageurs auront sûrement la chance de ne pas croiser sa silhouette !

Il suffit heureusement de s’éloigner de quelques centaines de mètres de l’hôtel pour retrouver de la poésie, sur la plage d’Algarrobico accueillant el templo Miguel Angel, un véritable petit village construit à partir de pierres gravées, peintes ou ornées de messages évoquant la paix et l’amour. En plus de représenter un travail titanesque et une prouesse technique (nous ne savons pas qui l’a réalisé, ni quand), c’est un lieu émouvant respirant la sérénité, auquel les voyageurs ont pris l’habitude de contribuer en ajoutant à leur passage une pierre personnalisée.

Plage d'Algarrobico | © Traverse(s)
Templo Michel Ange | © Traverse(s)

Notre exploration de la côte se poursuit par un nouveau choc esthétique. Prenant la route de la célèbre Playa de Los Muertos, nous voici exposés à un panorama industriel stupéfiant : la commune de Carboneras, qui était mentionnée dans nombre de blogs et guides touristique comme « un village incontournable », nous offre à voir son port industriel, sa cimenterie, une centrale thermique, et la plus grande usine de désalinisation d’Europe ! Ouverte en 2005, celle-ci permet notamment d’alimenter en eau les milliers d’hectares d’agriculture intensive (sous serre) de la province d’Almeria, pour pallier au cruel manque d’eau dans cette région où ne tombent que 200 millimètres cubes de pluie par an. Nous découvrons que juste derrière le littoral, la moindre parcelle de terre est destinée au maraîchage, formant une vaste mer de plastique dont les vues satellites, publiées notamment par Thomas Pesquet lors de sa mission spatiale en solitaire (Thomas Pesquet – Au sud de l’Espagne, dans la région d’Almería, on… | Facebook), font froid dans le dos. C’est ici que sont produits les légumes vendus dans tous les supermarchés européens à des prix dérisoires, ce qui vaut à la province le surnom de « potager », ou plus péjorativement, de « méga-ferme » de l’Europe. Car au-delà de la pollution visuelle et des déchets plastique qu’entraîne l’arrachage des serres par le vent, c’est une véritable catastrophe écologique et sociale (Agriculture intensive : comment l’Andalousie se transforme en désert) qui se joue derrière les formations volcaniques de nos vacances : ce modèle ultra-productif, en plus de fonctionner à grand renfort de pesticides et d’engrais, de forages de puits de plus en plus profonds et de désalinisation d’eau de mer (une opération elle aussi particulièrement énergivore), exploite la main d’œuvre d’immigrés clandestins arrivant directement du continent africain, embauchés à la journée et soumis à des rythmes infernaux pour un salaire indécent, réduits à vivre dans des baraquements de fortune dans des villages aux allures de bidonvilles. 

Orientons-nous de nouveau vers la beauté, avec la playa de los Muertos, nommée ainsi en raison des corps de pirates, marchands et marins qui s’échouaient sur ses récifs. La meilleure façon de l’appréhender est de se rendre au point de vue la surplombant, d’où l’on admire ses centaines de mètres de sable fin terminant leur course au pied de la masse sombre d’une falaise déchiquetée par l’érosion. Que vous choisissiez l’option point de vue, l’option plage ou les deux, il vous faudra quoi qu’il arrive stationner sur le parking aménagé, payant en haute-saison.

Playa de los Muertos | © Traverse(s)

Soif d’essentiel versus soif d’or

En continuant la route vers le sud, le village blanc d’Agua Amargua mérite que l’on flâne dans ses ruelles et que l’on boive un verre dans l’un des cafés donnant sur sa jolie plage. La route s’éloigne ensuite du littoral et oblige à passer dans les désolants paysages de serres avant de pouvoir bifurquer à nouveau vers la côte et rallier Las Negras, charmant village doté d’un petit centre-ville dynamique, et point de départ d’une magnifique randonnée menant à la cala San Pedro, une grande crique saisie entre les serres d’une montagne dénudée, surplombée par les ruines d’une ancienne forteresse. Il faut compter entre 1h et 1h30 pour gagner (via une piste caillouteuse puis une sente à flanc de versant) cette crique où réside une authentique communauté alternative ayant renoncé au confort et à l’électricité, fondant son mode de vie et son habitat sur des matériaux de récupération rapportés par la mer. Chaque habitant a aménagé un cabanon, une cahute ou plus simplement parfois un espace d’intimité matérialisé à partir d’un simple voile de tissu posé entre deux figuiers. Les ressources du site sont rares. Il n’y a plus de bois, et ce lundi matin, nous croisons sur le sentier une femme qui traîne derrière elle, depuis des kilomètres, un fagot de longues branches. À l’entrée du hameau, une autre femme a posé un étal de bricoles à vendre. Face à la mer, sur le parvis d’un bâtiment abandonné, deux compères perchés en haut de l’escalier écoutent de la musique et nous saluent joyeusement, tandis qu’à l’extrémité de la plage de galets, un jeune couple se prélasse nu sous un parasol de fortune. C’est forcément avec regret que l’on quitte cette plage isolée, sur laquelle on se retourne sans cesse en s’éloignant pour imprimer son image sur nos rétines.

De retour à Las Negras, en reprenant la route vers le Sud, nous décidons de passer la nuit aux abords de Rodalquilar. Souvent boudée car n’offrant pas de vue sur la mer, cette ville présente d’anciennes mines d’or que l’on explore à sa guise après avoir éventuellement visité La Casa de los Volcanes, un musée présentant en espagnol les mines et la géologie du Cabo de Gata. Car c’est bien l’activité volcanique qui a permis la concentration de métaux précieux dans des veines hydrothermales. L’alun, le plomb, l’argent et le zinc sont extraits du sous-sol dès l’époque romaine, mais il faudra attendre 1864 pour que soient découvertes les premières traces d’or. Celui-ci ne se trouve pas sous forme de pépites mais est contenu dans des veines de quartz, ce qui rendra son extraction particulièrement difficile. Ces traces aurifères déclenchèrent malgré tout une véritable ruée qui mena, en 1883, à la découverte des premiers filons exploitables. Mais les tentatives d’exploitation furent souvent éphémères, inabouties et peu rentables. C’est finalement à partir de 1956, lorsqu’une nouvelle usine fut ouverte après la nationalisation décrétée pendant la Guerre civile, que les mines de Rodalquilar connaissent leur activité la plus intense avec environ 1000 travailleurs et 14 000 personnes habitant sur le site. Mais extrait à échelle industrielle, le précieux minerai finit vite par manquer, entraînant la fermeture du site en 1966. Aujourd’hui, malgré la hausse des prix de l’or et une réserve estimée à près de trois tonnes, cette ancienne zone d’exploitation est classée en tant que parc régional naturel, empêchant tout projet minier futur. On peut néanmoins explorer librement ces impressionnants vestiges, composés de maisons ouvrières en cours d’effondrement et, en amont, de tours de broyage, de bâtiments de lavage, de gradins de cyanuration et de bassins de décantation par précipitation. Mais ne vous arrêtez pas là : que ce soit à pied, à vélo ou en véhicule motorisé, poursuivez impérativement la route qui vous mènera dans les montagnes rougeoyantes parsemées de mines désaffectés et de hameaux en ruine. L’ancienne artère majeure de l’emprise minière venant d’être restaurée, nous remontons lentement la piste traversant un paysage de conquête de l’or, d’authentique Far West. Les plus téméraires pourront pénétrer (à leurs risques et périls) dans d’anciennes galeries creusées dans la roche, à l’image de celle dans laquelle a été tournée une scène du premier opus d’Indiana Jones (La dernière croisade), sorti en salles en 1989. Pour s’imprégner plus longuement de ce paysage post-industriel, il est possible d’emprunter le sentier de 11 km baptisé Cerro del Cinto. Et sans surprise, le coucher du soleil est l’heure où le sol et les roches offrent leurs teintes les plus sublimes !

Caldera de Rodalquilar | © Traverse(s)

Après un arrêt au mirador de la Amatista qui offre à nouveau une vue sublime sur la côte, direction La Isleta del Moro, petit village de pêcheur construit de part et d’autre d’une langue de terre : d’un côté la sublime plage, de l’autre le port où s’alignent les bateaux bariolés, et entre les deux des maisons blanchies à la chaux fouettées par un vent fou. Ce village de 200 âmes est le seul du parc naturel à avoir miraculeusement survécu à l’urbanisation du XXème siècle, ce qui en fait de loin le plus authentique et, disons-le franchement, le plus beau ! Ne manquez pas de grimper sur le cap ou de vous rendre au mirador situé juste derrière, d’où vous pourrez contempler, un peu plus loin sur la côte, el volcan de los Frayes, deux cônes parfaits formés respectivement il y a 12 et 8 millions d’années.

Plages de cinéma

En reprenant la direction du Sud, il est possible de faire un arrêt à la longue plage de los Escullos où ont été tournées des séquences du James Bond Jamais plus jamais, joué par la star Sean Connery. La route s’éloigne ensuite une fois encore de la côte, qu’elle rejoint plus au sud, à hauteur de San José. Depuis cette ville dense et étendue ne présentant aucun intérêt esthétique, on rejoint facilement les sublimes plages de los Genoveses et de Monsul, connues pour être totalement dénuées d’urbanisation. La première, nichée dans une baie entre le fameux volcan de Los Frayes et le Morron de la Genoveses (un promontoire volcanique de 85 m de hauteur), est connue pour sa longueur (1,2 km), son sable fin et ses vagues qui font le bonheur des surfeurs. Derrière elle, s’étend un relief et une végétation désertiques procurant un sentiment de bout du monde. La seconde, bien plus petite, se distingue par un immense rocher volcanique sombre qui la sépare en deux. Elle est considérée comme la plus célèbre plage d’Espagne, une réputation qu’elle doit sans doute à la pléiade de films qui y ont été tournés : Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989), Antoinette et Cléopâtre (1972), L’histoire sans fin (1984), Les Aventures du baron de Münchausen (1988) avec Robin Williams ou encore Parle avec elle (2002) de Pedro Almodovar. Ici, un mouvement écologiste actif à un stade très précoce a réussi à empêcher un projet de développement sur la plage, en 1984. Un sentier de randonnée d’environ 8 km permet de s’y rendre depuis la plage de Genoveses en passant à flancs de falaises à l’aller et sur les hauteurs au retour. Il permet d’admirer le littoral rythmé par des formes d’érosion originales et des reliefs changeants : anses de sable fin, rochers comme tombés du ciel, cavités à l’allure de grottes, parois sculptées par les forces de la nature… La géologie est spectacle. 

Playa de los Genovese | © Traverse(s)
Playa de Monsul | © Traverse(s)

La commune de San José construite en cul-de-sac nous oblige à rebrousser chemin, puis à emprunter un dernier long détour par l’ouest afin d’atteindre la pointe du parc naturel, matérialisée par le site du phare de Cabo de Gata. La route passe nécessairement par Las salinas (les salines) qui ne peuvent se visiter qu’avec un guide, les terrains étant désormais entièrement clôturés. La longue plage longeant les marais est assez désolante et négligée, son seul intérêt (relatif) réside dans l’église plantée sur le bord de la route. Nous ne marquons pas d’arrêt et préférons nous hâter pour ne pas risquer rater le coucher de soleil au phare de Cabo de Gata, à cet endroit précis, symbolique, où le littoral méditerranéen change nettement d’orientation pour regarder au sud-ouest. Des amis se retrouvent et s’interpellent ; certains escaladent les rochers, cherchent un cadre original pour capter le spectacle de l’astre plongeant dans la mer.

Phare de Cabo de Gata | © Traverse(s)

D’époque moderne (1863), le phare construit sur les ruines d’un château défensif présente peu d’intérêt en lui-même ; c’est plutôt le site sur lequel il se dresse qui attire l’attention. Perché au sommet d’une falaise de 50 mètres, son faisceau lumineux est visible jusqu’à 45 kilomètres au large, tandis que sa corne de brume retentit lors des jours de brouillard épais pour avertir les navires du danger. Il a été construit pour signaler la présence de la Laja del Cabo, un récif redoutable situé à un mille nautique du rivage, responsable de nombreux naufrages au cours de l’histoire. En contrebas, c’est un autre récif qui se dévoile à nos yeux : celui des Sirènes (Arrecife de las Sirenas), caractérisé par plusieurs rochers déchiquetés (issus d’évènements volcaniques) qui s’élèvent dans des eaux transparentes. Selon la légende, les marins étaient envoûtés par la beauté et le chant des sirènes qui s’y prélassaient. Le charme était si puissant que, abandonnés à eux-mêmes, les navires finissaient par faire naufrage, sans personne à la barre. 

Arrecife de las Sirenas | © Traverse(s)

Il est possible de poursuivre sur le sentier qui s’éloigne donne l’occasion à la fois d’admirer le coucher de soleil sur le phare et de découvrir cette portion de côte déchiquetée, culminant avec la Punta Negra, une impressionnante falaise sur laquelle des strates de roches blanches tranchent vivement avec les teintes sombres qui lui donnent son nom. Mais la nuit est tombée et il nous faut, à regret, quitter cette nouvelle parcelle de bonheur débusquée pour poursuivre la route qui nous promet encore d’exceptionnels instants.

On a aimé

Randonner

  • Torre del Pirulico (parcours)
  • Cala San Pedro (parcours)
  • Anciennes mines d’or de Rodalquilar (parcours)
  • Boucle de la plage de los Genoveses et de la plage de Monsul (parcours)

Boire un verre

Manger

Auteur·es

Journaliste et doctorante, je voyage dans les vastes interstices entre hauts lieux touristiques et marges, le plus souvent en van, au rythme lent de la route.

Professeur des universités en géographie, je parcours les lieux à la recherche du « réel », que je m’acharne à restituer au travers de fragments, pour inviter à aller voir.

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